Nouvelles 5 Général 5 La cohorte sentinelle « Une seule santé » du Québec présentée au XIIe Congrès international francophone d’épidémiologie et de santé publique 

Les travaux entourant la cohorte sentinelle « Une seule santé » pour l’influenza aviaire hautement pathogène au Québec ont récemment été présentés sur la scène scientifique internationale. Hélène Carabin, codirectrice du Réseau Précrisa, a présenté les premiers apprentissages issus de cette démarche lors du XIIe Congrès international francophone d’épidémiologie et de santé publique, tenu du 22 au 24 juillet 2026 à Marseille, en France. 

Organisé conjointement par l’Association des épidémiologistes de langue française (Adelf) et l’Association pour le développement de l’épidémiologie de terrain (Epiter), le congrès avait cette année pour thème « Santé, environnement et équité : vers une épidémiologie intégrée »

Intitulée « Mise en place d’une cohorte sentinelle “Une seule santé” pour l’influenza aviaire hautement pathogène au Québec », la communication présentée par Hélène Carabin est cosignée par une importante équipe interdisciplinaire à laquelle participe également Lily Lessard, directrice scientifique du Réseau Précrisa

La cohorte sentinelle vise à explorer la faisabilité d’une surveillance intégrée permettant de suivre simultanément des enjeux touchant les humains, les animaux et l’environnement, dans un même lieu et de façon répétée. Sa mise en place s’inscrit dans le contexte de l’émergence de cas d’influenza aviaire H5N1 chez différentes espèces de mammifères en Amérique du Nord et répond à la nécessité de développer des approches de surveillance davantage intégrées. 

En 2025, l’équipe a visité 29 fermes laitières et 19 fermes de basse-cours, rejoignant 96 participant·e·s humains et réalisant différents prélèvements auprès d’humains, d’animaux et dans l’environnement. Si les analyses effectuées n’ont pas permis de détecter d’éléments indiquant une infection au virus ciblé, cette première phase a surtout permis de dégager de précieux apprentissages sur les conditions nécessaires à l’opérationnalisation d’une telle approche. 

Les travaux ont notamment mis en évidence certains défis liés aux silos entre les secteurs de la santé humaine et animale, à la coordination des prélèvements humains, animaux et environnementaux, à la disponibilité des informations sur certaines fermes ainsi qu’aux outils diagnostiques utilisés pour différentes espèces. La quasi-totalité des propriétaires rencontrés se sont par ailleurs montrés ouverts à poursuivre leur participation à la cohorte, notamment à condition d’être rapidement informés de la situation dans leur élevage et ailleurs au Québec. 

Ces premiers résultats contribuent ainsi à documenter concrètement les possibilités et les défis associés à l’opérationnalisation de l’approche Une seule santé en recherche et en surveillance, particulièrement face à des menaces sanitaires émergentes comme l’influenza aviaire H5N1. Ils rappellent également l’importance de décloisonner les secteurs humain, animal et environnemental afin de renforcer les capacités de surveillance, de contrôle et de réponse. 

Le résumé de la communication est maintenant publié dans un numéro spécial du Journal of Epidemiology and Population Health consacré au XIIe Congrès international francophone d’épidémiologie et de santé publique. 

Consulter la publication : sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2950433326004064

Découvrir le numéro spécial du congrès : sciencedirect.com/journal/journal-of-epidemiology-and-population-health/vol/74/suppl/S3